mercredi 4 août 2010

La croisière s’enivre

Nous voici à Guérande, le Vendredi 9 Juillet, pour préparer notre croisière en voilier.
Louis nous a rejoint la veille au soir. Première préoccupation : élaborer les menus du bord et se cogner une bonne corvée de courses. Nous chargeons ensuite le bateau le soir même.
Nous allons passer la nuit à bord. Coco devrait arriver par le train à Pornichet vers minuit.














Le bateau :
Le « Sirocco » est un First 31,7, d’une longueur de 9,5m. Assez grand pour accueillir 6 personnes. A quatre, nous auront de la place ! La plupart des voiliers de cette taille offrent en généralplus d’espace et de confort ; le nôtre étant un voilierplutôt sportif, la priorité est donnée à la performance au détriment du confort.

Coco n’arrive pas…
Les retards cumulés des trains font arriver Coco avec plus de deux heures de retard… Nous attendons dans le calme du port avec la terrible punition de ne pouvoir ouvrir le rhum : il faudra peut être aller chercher Coco à Nantes. C’est finalement en car qu’elle rejoint le Pouliguen vers 2h40.




L’itinéraire :
Un anticyclône stationne au large des Canaries et une dépression descend de l’Irlande. Nous aurons donc de fortes chances d’avoir un vent de Nord-Nord Ouest en début de semaine puis Sud Ouest quand la dépression nous survolera. Décision est prise d’aller vers le sud et de remonter vent de travers dès que la dépression nous aura rejoint.
Pour zoomer clique sur le dessin de Pompierô


La descente
La descente vers Oléron se fait en deux grosses journées de navigation par un temps très clément : grand soleil, et un vent de force 3 s’établissant en fin de matinée pour ensuite tomber vers 22H. Nous navigons entre 10 et 12H par jour.

Au large de Noirmoutier, le fond est assez plat et peu profond, composé de roches et d’écueils. L’absence de houle nous autorise à passer à moins de trois miles de l’île… Mais danger ! la quille ne passe pas loin du fond… Nous assistons même au naufrage d’un gros bateau à moteur sur un écueil. La vedette des sauveteurs en mer était déjà sur place…

"Euuuuh Louis, on s’est un peu écarté de la route, non ? y’a plus que 2m 60 de fond…"


Nous mouillons le soir dans l’anse rocailleuse et mystérieuse du château de l’île d’Yeu.
Le soleil ayant tapé toute la journée et au vu de la clareté de l'eau (et peut être à cause du pastis) je ne peux pas m'empêcher de plonger du bateau. Ce sera ma seule baignade.
Sur la plage, des petits malins ont droit à une
projection en plein air d’un vieux James Bond.
Le vent tourne Ouest en soirée et une légère houle pénètre dans l’anse… ChaCha a passé une nuit assez agitée…



Le lendemain nous mettons le cap sur Ré avec un vent favorable. Des Dauphins viennent jouer avec l’étrave du bateau. Magique. Puis ils s’en vont en nous faisant de majestueux sauts d’adieu.

Un vent assez favorable nous permet d’envoyer le Spi, que Louis ne peut s’empêcher de régler de façon optimale durant deux heures, malgré un cap stable et une houle quasi inexistante. Mais bon, quand on est sous spi, on fait les choses bien ! D’autant que les minutes sont comptées, car nous devons entrer dans le fier de Ré avant la marée basse…

Perfectionniste...
Sur Ré, nous débarquons (baptème d’annexe pneumatique pour les filles),et nous passons la soirée chez Mité et Jean Paul, les grands parents de Louis. Au programme : buffet « finale de coupe du monde », puis retour à bord. La nuit fut calme pour tout le monde. Quoique ChaCha a veillé des heures durant, scrutant les éclairs tombant toutes les deux secondes autour de Ré : la dépression arrive ! Nous apprendrons plus tard que ces orages se sont abattus sur La Rochelle et ses environs, causant de nombreux dégâts… Les parisiens ont eu droit aux mêmes orages, douze heures plus tard… wahou, pas passé loin de la tempête !
Le lendemain matin il nous faut nous lever très tôt pour ne pas rater la marée et rester bloqués dans le Fier. Nous passons in-extremis, la quille touche et racle une ou deux fois le fond, avec à chaque fois la flippe de rester coincés et de devoir échouer le bateau dans le chenal durant les 7 heures de mer trop basse… sans béquilles…





Sur « Zone »
Nous voici « Sur Zone ». Nous allons pendant trois jours profiter de navigations plus courtes et mettre régulièrement le pied à terre.
Première nav’ vers Oléron. Nous perdons un temps fou à tirer des bords à l’approche du pont de Ré… ce qui nous fait arriver bien trop tard pour profiter de la plage d’Oléron. Tant pis, on a du Rhum à bord.
Nous mouillons près d’une plage à pente très abrupte, ce qui nous permet une relative proximité avec la plage. Cependant le mouillage tenait à un équilibre précaire: au moment de l’inversion de la marée (à basse mer, vers 1h du mat’), le vent faiblit car nous sommes plus bas par rapport à la plage. Le vent ne nous poussant plus vers le large, notre bateau commence à se rapprocher de la plage sous l’effet du courant qui tourne… Nous nous rapprochons à vue d’œil, au point de poser l’étrave du bateau sur le sable! Mais la forte pente laisse la quille bien à distance du sable. Nous aurions pu rester ainsi presque sans danger, mais ce n’est pas sans cacher que ça nous aurait bien fait flipper, et nous ne savions pas où se trouvait l’ancre… qui gisait peut être sur le sable…
Nous remontons l’ancre à 1h30 et allons trouver une bouée plus loin, un peu trop près à mon goût d’un trimarant à bouée lui aussi. Coco et moi veillons jusqu’à 3H30 pour éviter tout accrochage.
Nous nous faisons réveiller à 7H30 par des types du club de voile voisin nous expulsant de notre bouée. La tête dans le pâté, nous trouvons une bouée départementale pour finir notre nuit… Ces gars ont gâché LA grasse matinée de la semaine.

L’Ile d’Aix
Quatrième jour de nav’ : aujourd’hui, c’est tourisme. Au programme : aller-retour sur l’île d’Aix, soit quatre heures et demi de navigation et une ballade sur l’île.
Aix est une vraie carte postale vivante, aux belles couleurs et aux roses trémières foisonnantes, sans voitures (ou presque), et pleine de touristes qui, comme nous, viennent acheter des cartes postales, faire un tour de l’île en 30 minutes et se poser à la terrasse d’un café pour boire des binouzes.
Retour vers Oléron et arrivée au port avec les Pink Floyd (un concert était joué juste en face, nous accostons sous « Comfortably Numb », mémorable). Douche et Rhum, puis gros dodo au calme.

Retour sur Ré.
Sale temps aujourd’hui. La dépression est bien là. Nous attendons la marée aux abords du pont, afin qu’il y ait assez d’eau pour rentrer dans le Fier. Après le pont soufflent 7 Beauforts bien établis, nous prenons un ris à la Grand Voile et deux au Foc. Ça mouille et ça souffle, enfin une session bien sportive!
Nous rentrons dans le fier à vent contre courant, ce qui creuse des vagues statiques très creuses et très courtes : l’idéal pour se mouiller jusqu’à la taille si on a la bonne idée d’aller préparer des aussières à l’avant…
Au vu des remous à proximité de la bouée, nous décidons de continuer au moteur jusqu’au charmant port d’Ars en Ré. Nous sommes accueillis par un capitaine de port plus que bavard sur ses performances d’absorption de boissons alcoolisées, qui nous tiens la jambe pendant une demi heure : et comment ! à cause du mauvais temps, nous sommes le seul bateau qu’il a vu arriver ce jour. Tous les autres se sont rabattus vers La Rochelle. Il fait maintenant plein soleil et la soirée commence par une bonne bière en terrasse. Puis repas de crêpes « made by ChaCha ».

Le quai Visiteurs




ChaCha a bien dormi!

Le port d'Ars et le Sirocco juste à gauche.
La remontée
Le retour vers La Baule se fait sur deux jours via Yeu. La houle est très formée, mais le vent constant (force 5) stabilise le bateau. Nous rejoignons Yeu en un seul bord de travers. Le vent ayant tourné par rapport à notre premier passage à l’aller, nous mouillons à l’Est de l’Île, au niveau du « Transfo » (mouillage bien connu des plaisanciers en cas de vent de Sud Ouest pour son abri relatif, ses roches traîtres et sa toute illégalité).
La dernière journée de nav’ est la journée des records : au lieu des 9h de nav’ prévues, nous rejoignons La Baule en 5h30 grâce à un léger virement Sud du vent et une tactique implacable digne d’un vrai Bidard. Nous marchons à 7 nœuds de moyenne avec des pointes à 9 nœuds !
Nous affalons le Spi en baie de La Baule, mais un peu tard, car un grain vient mouiller la voile… et moi de mettre le spi à la flotte. Tant pis, on aura plus à le hisser.
Voilà, nous voici arrivés au port de Pornichet, notre point de départ. Bien crâmés, bien fatigués par cette semaine de voile très intense. Allez, un dernier p’tit Rhum !

3 commentaires:

  1. c'est un peu didactique et plein de termes bizarres...

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  2. Ah oui tu trouves aussi??
    Hé hé hé

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  3. Et en plus c'est pas très sympa de mettre des photos de moi au réveil, ça il va me le payer...

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